Nathalie
Amand
«autoportraits»
à
l’USINE GALERIE photo
(22/09/ – 03/11/2002)
En
regardant la série des « autoportraits » de Nathalie Amand
on a l’impression d’assister à la rencontre entre l’esprit et la matière.
Sans doute, parce
que ce travail restitue à la photographie son aspect magique, «
révélateur », presque au sens mystique du terme.
La capacité
de reproduire une image fidèle à la réalité grâce
à des procédés optiques et chimiques est déjà
fascinante en soi, mais voir cette réalité vous échapper
est encore plus troublant et relève de la magie ou du miracle.
Dans ce qui pourrait,
aussi bien être une cellule de prison, un atelier d’artiste, ou simplement
une toile de fond, on voit apparaître une disparition, une femme «
mettre les voiles » au propre comme au figuré, un peu à
la manière de Loïe Fuller, cette danseuse de la belle époque
esquissée par Lautrec.
Comparée
aux fougueux dessins de Lautrec, la jeune photographie d’alors paraissait
bien timide. Il lui fallait un cadre, une assise pour s’épanouir. Cette
notion de cadre est très présente dans l’œuvre de Nathalie Amand,
qu’il s’agisse des structures métalliques des « autoportraits
» ou de l’ambiance intime et désuète de la série
précédente « Hommages licencieux », hommage en clin
d’œil à la photographie érotique.
Même si,
dans les « autoportraits », le corps se dévoile et sort,
pour ainsi dire, du cadre dans un mouvement qui rappelle la peinture, la
sculpture et la danse. A la fois trace et support, chrysalide et envolée,
le corps découvre sa lumière.
A notre tour, laissons-nous
toucher ou troubler par la grâce de ces autoportraits dans lesquels
la femme et la photographe se révèlent l’une l’autre.
SB
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